Accidents et abstractions
L’essor des nouvelles technologies, et en particulier du numérique, engendre, au début des années 2000, une nouvelle tension dans le travail d’Alain Guillemaud. Sans pour autant renoncer à ces nouveaux outils, l’artiste se demande si la perfection technique qu’offrent ces nouveaux appareils (permettant de tout corriger et de tout lisser) ne risque pas de conduire à une certaine monotonie de l’image. En réaction à ce qui peut apparaitre comme une forme de standardisation de l’image, l’artiste décide de réintroduire l’accident, qu’il soit voulu ou fortuit, dans sa pratique du Polaroïd. Films périmés, altérations plus ou moins volontaires, manipulations de la matière donnent ainsi naissance à la série des « Accidents ». Parfois proches d’une abstraction radicale et absolue, ces images, singulièrement troublantes, atteignent semble-t-il leur pleine puissance dans une sorte d’instabilité maîtrisée : un point de bascule où l’image cesse d’être une simple représentation du réel pour devenir une expérience sensible, acceptant l’éventualité de sa propre perte.





